VOYAGE AUTOUR DE LA PLANÈTE LA SALLE – UNIVERSITÉ 2018

L’Université Lasallienne d’Automne s’est déroulée du 20 au 22 octobre dernier au sein de l’ensemble scolaire La Salle Saint Nicolas d’Issy les Moulineaux ;250 acteurs du réseau étaient présents pour réfléchir sur le message international de « de La Salle ».

Les Ecoles lasalliennes sont présentes dans 79 pays, elles forment chaque année plus d’un million de jeunes. Fondés par Saint Jean Baptiste de La Salle au XVIIème siècle, nos établissements catholiques séduisent la France et le reste du monde. Voici les raisons d’un tel rayonnement.

Un peu d’histoire tout d’abord avec la remarquable introduction du Frère Nicolas Capelle sur l’ouverture au monde de nos enseignements. L’Institut s’est tourné à l’international au 19ème siècle grâce à la réputation de son système d’enseignement au moment où les sociétés modernes et celles qui cherchent leur émancipation ont une conscience de plus en plus aigüe de l’importance de l’instruction et enfin, grâce à la poussée missionnaire de l’Eglise de France qui s’est déployée sur les cinq continents.

L’Institut va demeurer français grâce à un accroissement de Frères du pays du fondateur. Même si le Supérieur Général est aujourd’hui américain (Frère Robert Schieler) la gouvernance est restée française jusqu’en 1966. Cette année-là, le premier Supérieur Général, Frère Charles-Henry, était américain et son conseil deviendra international.

S’en est suivie l’intervention du Professeur Bernard Hours sur le contexte sociétal de saint Jean-Baptiste de La Salle lorsqu’il a créé ses « écoles populaires ». La France du XVIIème est marquée par une misère visible, palpable et les pauvres faisaient peur. Des villes comme Reims étaient tenues par une bourgeoisie et de quelques familles aristocrates ; les écoles étaient destinées à cette élite uniquement pour former de « « bons Chrétiens ». Toutefois, cette éducation s’avère incomplète pour saint Jean-Baptiste de La Salle, elle doit incontestablement aussi être tournée vers la transmission des savoirs fondamentaux ; c’est grâce à cela que les enfants pourront évoluer. « Il n’est pas question de distinguer profane et sacré car Dieu est partout ». 

Nous avons assisté à d’émouvants témoignages de Frères des cinq continents sur la présence lasallienne dans le monde. Pour le Frère Armin Luistro (ancien Ministre de l’Éducation Nationale des Philippines), la première école lasallienne a vu le jour en 1911 ; à cette époque elle accueillait l’élite afin de former les dirigeants du pays ; aujourd’hui, l’université œuvre toujours dans ce sens : en parallèle les Frères et les laïcs ont multiplié des programmes pour les pauvres et les défavorisés (ce qui représente 21% de la population). Le climat politique est tellement pesant que les figures révolutionnaires sont bien présentes dans les esprits des philippins. Toutefois l’intuition et le charisme de « de La Salle » vient contrebalancer le système ; les lasalliens deviennent « la voix des sans voix » !

Pour le regard de l’Europe, le Frère Aïdan Kilty a expliqué la complexité du contexte culturel de notre continent :  23 pays et 20 langues ayant pour dénominateur commun l’espoir de construire et développer chacun de nos jeunes : « L’éducation est une entreprise collective ! L’angle de la spiritualité lasallienne est essentiel, nous ne devons pas avoir peur de dire qui nous sommes non pas pour imposer mais pour proclamer ce qu’il y a de mieux en nous. »

En Amérique Latine, la figure de notre Fondateur est bien ancrée dans les mémoires, elle est associée à des références éducatives de grandes qualités mais aussi à l’appropriation des trois piliers de l’œuvre : Foi, fraternité et service, auxquels se rajoutent justice et engagement. Pour le Frère Gustavo Ramirez, « de La Salle a réussi à promouvoir l’accès à l’éducation auprès de toutes les classes sociales, il est considéré comme un révolutionnaire et ce depuis 1905 ».

Pour l’Afrique, le Frère Pierre Ouattara a aussi touché les cœurs de l’assemblée en démontrant que l’éducation d’un enfant consiste à lui apprendre à s’habiter tout en habitant avec les autres. L’Hospitalité devient une œuvre de foi ! (NDLR saint Jean-Baptiste de La Salle décide de laisser sa maison pour habiter avec ses premiers compagnons. En effet, si l’homme sait pourquoi il vit, il peut supporter n’importe quelles conditions de vie.

Le Frère Timothy Coldwell a bouclé ce tour du monde en apportant un éclairage passionnant sur les lasalliens d’Amérique du Nord. La culture du pays donne une impulsion, un élan au réseau. Le religieux souligne que « la culture Nord-Américaine nous encourage à prendre des risques mais aussi à œuvrer autour de l’entrepreneurial, cela permet d’avoir un sol fertile cher à notre fondateur ». Même si les écoles sont payantes chacune d’entre-elles accueillent une centaine de jeunes en situation de pauvreté, la contribution financière 

s’élève à seulement 2% de la scolarité, le reste est financé par des dons, du mécénat et différents événements culturels et sportifs.

Tous ces témoignages démontrent la vitalité de notre Institution mais aussi l’adaptabilité selon les cultures et les religions, « Dieu est tellement bon et dans chaque situation où nous nous trouvons, nous exprimons cela ». Nous partageons nos valeurs, notre foi avec les jeunes et s’il y a bien une chose que les lasalliens peuvent apporter au monde, c’est l’apport de ces bonnes nouvelles !

Un grand merci à l’équipe du Pôle Animation Formation pour l’organisation de ces trois journées, au Frère Visiteur Jean-René Gentric et ses adjoints, aux Frères traducteurs, à Monsieur Michel Quinton (CE à La Salle Saint Nicolas d’Issy les Moulineaux) et ses équipes pour l’accueil et la logistique, à nos invités (Frères et laïcs), à l’ensemble des participants et enfin au service communication (Fabien Azema) pour la couverture de ce bel événement.

Lionel Fauthoux

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