Au-delà des frontières

Au cours de l’année scolaire 2015-2016, les élèves du club d’Aide Sociale du lycée Saint-Michel ont rencontré des enfants syriens installés avec leurs familles à Istanbul. Trois rencontres se sont déroulées au sein du lycée.

Près de 3 millions de Syriens sont réfugiés en Turquie. Ce nombre modifie, de fait, le paysage social du pays, plus particulièrement dans les grandes villes. Comment, alors, apprendre à vivre ensemble, à respecter l’autre, à communiquer et enfin quel sens donner au mot ‘’accueil’’ ?

Des questions que se posait Alpen, un élève de 11e, qui nous a fait part de sa motivation à construire un projet avec des enfants syriens.  Ces questionnements sont également en résonnance avec les principes fondamentaux de nos écoles lassalliennes (notamment le respect, la solidarité et la paix). C’est la raison pour laquelle nous avons réfléchi, ensemble, à un projet cohérent à la fois pour nos élèves mais aussi pour ces enfants forcés à quitter leur pays.

L’accueil face aux préjugés
C’est ainsi que nous avons été mis en contact avec les membres d’une école privée aux infrastructures modestes, réservée aux enfants syriens. L’enseignement y est dispensé en arabe, ce à quoi s’ajoute quelques heures de turc et d’anglais dispensées par des bénévoles. Nous avons accueilli trois groupes de 30 élèves âgés de 8 à 12 ans. Ces rencontres se sont déroulées au sein de notre lycée autour d’activités communes avec d’autres clubs telles que la céramique ou encore le sport. L’Association des parents d’élèves s’est également proposé de participer à l’une de ces rencontres et d’offrir les repas – faits maison. Nous avons immédiatement été marqués par les sourires sur les visages de nos invités. Ils nous rappelaient la joie enfantine de pouvoir courir dans une cour de récréation, ce qui est a priori un droit pour n’importe quel écolier, mais dont ces enfants ne jouissent plus.

istambul
Malgré des débuts timides, les langues se sont déliées faisant naître en toute spontanéité un jeu d’échange linguistique entre nos deux groupes : un mot de vocabulaire turc par-ci, un mot en arabe par-là.

C’est aussi cela l’accueil : une main tendue certes, mais avant tout, la simplicité d’un sourire échangé. Regarder l’autre, non sans empathie face à sa situation, mais l’admettre dans le groupe avant tout en sa qualité d’être humain.
Au sein de notre équipe, des élèves leaders se sont naturellement imposés. Leurs initiatives ont responsabilisé l’ensemble du groupe. En invitant ces enfants dans nos murs, c’est toute l’école qui a été sensibilisée à l’importance d’une rencontre avec des enfants Syriens issus d’une immigration forcée. Tant et si bien qu’une des professeurs d’anglais est venue nous proposer un projet commun autour de leçons en anglais dispensées par nos élèves lors de ces rencontres.

C’est ce que nous voulions leur apprendre. Le fait qu’il suffit souvent de petits rien pour construire la paix. Je pense que le pari est réussi. C’est précisément cette énergie positive que nous espérons voir grandir cette année afin que tous ensemble, et à notre échelle, nous soyons acteurs de la paix.

Marion Fontenille et Belgin Şahin

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